La découverte du Posca

03/09/2020

C'est pourtant sans doute un des marqueurs les plus connus au monde... Je l'ai découvert cet été, ce gros feutre à la pointe bisautée. C'est la femme de mon beau-père qui tient une épicerie bio et salon de thé à Bréhal, qui m'a permis de m'y essayer, sur ses vitrines.

L'idée était de rendre visible le fait qu'elle vendait des glaces (délicieuses d'ailleurs, de chez Aquibio). Alors me voilà partie à réfléchir, et à opter pour une illustration ultra simple. Puis à bien penser à comment écrire à l'envers, puisque j'allais écrire à l'intérieur de la vitrine, pour être lu à l'extérieur.

J'ai d'abord fait sur papier, pour voir un peu la taille de mon motif en rapport avec la surface de la vitrine, et je m'y suis mise!

C'est quand même excellent à faire, si on aime dessiner! ça va vite, et en fait c'est facile. On prend vite le pli de l'écriture à l'envers, même si j'avais loupé plusieurs lettres. Et alors, de la glace, l'idée s'est étendue à écrire, sur l'autre vitrine "épicerie bio", car l'activité ayant démarré avec de la restauration, ce n'est pas indiqué sur la façade.

Et puis et puis... au retour des vacances, je me suis acheté un feutre, pour moi! Un posca pour la voiture, pour les vitres de la maison, que sais-je encore, des vêtements? C'est quand même génial, ça s'efface à l'eau.

Alors, j'ai commencé chez nous : sur les vitres de la voiture, donc! J'y ai aposé le point d'interrogation. Celui qui questionne quant à ce qui se passe en ce moment, avec tout ces masques dans tous les sens, partout et pour tous.

D'ailleurs sur ce sujet-là, dont on est constamment abreuvés d'opinions, d'obligations, etc, j'ai eu une vraie question. Une question quant au rôle de l'artiste, des artistes en général. J'ai fait un post sur instagram où je raconte avoir connu une époque à laquelle les artistes l'ouvraient. J'ai vu le groupe Noir Désir débarquer en direct sur le plateau des victoires de la musique pour y lire un texte, et faire remuer un peu. Qu'est-ce que j'ai pu aimer ce genre de moments! D'ailleurs, si j'avais une autre vie, outre star de la chanson je serais probablement fervente activiste écologiste. Mais voilà, il semblerait que ce temps soit révolu! Qui l'ouvre? Qui dénonce? ... Je ne vois pas trop...

J'ai alors eu un sursaut d'idées très fort, qui m'a tenue éveillée la nuit, les slogans ou les titres surgissant dans ma tête : créer des sacs, des badges, des tshirts avec des mots, des phrases qui dénoncent ce qui se passe. Mais comme beaucoup d'idées elle est pour l'instant seulement une idée, mais des pas concrets se sont faits vers elle, pour la faire descendre... Et les slogans, les phrases n'emballaient pas mon juge émérite, mon mari!

Il y a quelques jours, j'ai réfléchi autrement : comment protester de manière artistique? J'ai ouvert le bestiaire médiéval et je suis tombée sur le coq.

Le coq et une très belle image d'époque, où l'animal porte un regard triste vers une étoile. Et les vertus du coq ont fait écho : le coq réveille ceux qui dorment, le coq, vigilant, est au-dessus des clochers pour surveiller les alentours... Alors j'ai dessiné ce coq. Et j'ai repris le Posca, sur la voiture!

Mon emblème de réflexion quant à notre époque, je l'ai choisi. Le coq. Symbole de la France, qui plus est. Il est inquiet et regarde vers l'avenir, l'oeil triste. Il va pousser son cri, pour tenter de réveiller les endormis, les hypnotisés, les brain-washed... Il reste là, perché, à surveiller l'horizon. Et le coq est courageux, il se bat s'il y a danger...

Ah, comme j'aimerais voir cette belle image essaimer.